Harleen Bhogal

Née à Montréal de parents indiens, har leen est une poète et travailleuse communautaire qui se dévoue à la création d’espaces de guérison dans toutes les sphères de sa vie. Depuis plusieurs années, elle travaille au Centre communautaire des femmes Sud-Asiatiques et vient principalement en aide aux jeunes, population dont les enjeux l’interpellent particulièrement. Avec la volonté de créer des systèmes de compassion et de soutien qui puissent aider ceux ayant le besoin d’écoute, har leen organise des ateliers et des événements d’art-thérapie qui permettent aux gens de s’exprimer en toute vulnérabilité.

Bien que son engouement pour l’art ait émergé tôt dans sa vie, har leen est tombée sur la poésie plus tard dans son parcours, alors qu’elle était aux prises avec des difficultés de santé mentale qui l’ont poussée vers l’écriture. Sans nécessairement être consciente de son potentiel réparateur, har leen a débuté sa trajectoire afin de rendre dicible une expérience insaisissable: «Ce n’est pas que je me souciais tant de me souvenir des choses, c’était plutôt l’idée que même mon expérience vécue et ma mémoire étaient en train de disparaître, alors j’ai commencé à écrire pour documenter ce que je traversais», explique-t-elle. C’est à partir de cette période que sa pratique poétique a lentement commencé à se développer et à s’affiner. Les enjeux de l’intersectionnalité et de l’équité lui étant primordiaux, la décision de rendre ses œuvres accessibles s’est très vite effectuée: «Pour moi, il est très important que la langue soit accessible. Même lorsque j’écris de la poésie, je me pose la question: est-ce que ma mère, pour qui l’anglais est une troisième langue, sera capable de comprendre ce texte? Il y a une citation qui va comme suit: La révolution doit être accessible aux personnes les plus marginalisées, et la langue joue un rôle important dans ce processus. Alors je songe souvent à cette question: à qui sont destinés ces poèmes, et peuvent-ils les lire»?

Minutieuse et déterminée, har leen développe ainsi une approche féministe et anti-raciste, sachant que d’avoir un public implique une forme de responsabilité, autant envers elle-même qu’envers ceux qui l’écoutent. Confortable sur scène, perpétuellement attirée par la performance, elle s’illustre avec brio sur diverses scènes à Montréal et se voit revigorée par les liens qu’elle est en mesure de bâtir avec les spectateurs qui se retrouvent dans son histoire.

Parmi ses inspirations marquantes, l’artiste se remémore de son premier voyage en Inde, en 2019, durant lequel elle a non seulement eu l’occasion de rencontrer plusieurs membres de sa famille, mais également d’écouter les récits de son passé familial aux côtés de son grand-oncle. Ces souvenirs qui lui ont été racontés avec enthousiasme, quoique reliés à un passé traumatique, l’ont aidée à jeter une ancre, à situer et à approfondir ses connaissances de ses racines. Ses efforts culminent avec la publication d’un tout premier recueil de poésie, lullabies for warriors (2021), un hommage aux femmes racisées qui aborde les thématiques de la maladie mentale et de la réparation.

Que ce soit à travers des performances ou à travers des ateliers de création, har leen travaille avec introspection et n’hésite pas à réévaluer ses croyances intériorisées, soucieuse de prendre parole à partir d’un espace d’authenticité. Avec comme vision de créer une société plus empathique, har leen poursuit ses projets avec une intention limpide: de prendre soin de sa communauté, tout comme celle-ci l’a fait pour elle durant ses périodes difficiles.

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