Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo

Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo est un·e cinéaste, journaliste, activiste et fièr·e membre des communautés Anishnabe et LGBTQ+ dont le fruit du travail, autant sur le plan artistique que social, touche et rejoint des publics qui ne cessent de s’élargir. Dès l’enfance, le cinéma s’est taillé une place privilégiée dans son imaginaire et l’a suivi·e à l’adolescence, époque durant laquelle iel a commencé à réaliser ses propres films avec le soutien de son école. Après des études cinématographiques au collégial et une période de remise en question qui l’a éloigné·e de cette discipline durant quelques années, Veillette-Cheezo a effectué un retour en force avec l’aide de Wapikoni Mobile, un organisme de médiation et de création audiovisuelle qui s’adresse aux jeunes autochtones. À peu près à la même époque, iel a également pu affirmer son identité en tant que personne bispirituelle en allant au défilé de la Fierté, un événement qui lui a offert une ouverture pour redéfinir sa place au sein de sa nation. Ces pas significatifs lui ont permis de réorienter son parcours: «Quand je me suis retrouvé·e à Wapikoni, j’ai pu non seulement retrouver ma passion pour le cinéma, mais aussi me retrouver sur le plan culturel et identitaire.»

À Wapikoni, l’artiste a réalisé plusieurs courts-métrages tels que Kabak, Kijâtai et Odehimin, des œuvres généreusement primées ici et ailleurs qui reflètent un désir important chez iel, soit celui de «pouvoir [eux·elles]-mêmes raconter [leurs] histoires à [leur] façon, pas seulement en suivant le moule». Cette notion de souveraineté narrative fait partie intégrante de son processus de création: à ses yeux, la représentation doit avoir un sens et une substance, et c’est aux Autochtones que revient le droit de narrer leurs propres vécus. La langue, de cette même manière, joue un rôle important dans le processus de guérison et de réappropriation culturelle qu’iel entame depuis quelques années. En retournant voir les aînés, iel est en mesure d’approfondir ses liens avec la communauté et de regagner de l’espoir en voyant la jeune génération grandir dans cet environnement. Iel entretient donc une ferme volonté d’offrir des portraits renouvelés des peuples autochtones, chose qu’iel accomplit en faisant rayonner la pluralité et la beauté de ces identités à travers l’art et l’activisme. Ses nombreuses contributions médiatiques et son implication marquée dans la lutte pour les droits des autochtones sont des nécessités. Dans ses propres mots: «l’activisme va aussi avec qui je suis — je n’avais pas le choix que de devoir militer pour certains droits. Quand je parle de ma réalité en tant que personne bispirituelle, c’est déjà de l’activisme. C’est aussi ce qui me permet d’avancer, d’établir des liens avec les gens, mais aussi de montrer qu’on est là.»

Ayant plusieurs cordes à son arc, le·a cinéaste contribue également au média d’actualité La Converse à titre de journaliste, mais ses efforts ne s’arrêtent pas là. Cette année, Veillette-Cheezo va débuter des études en journalisme à l’UQAM, une formation rigoureuse qui lui permettra d’en apprendre plus sur les rouages de l’industrie et qui, une fois complétée, le·a propulsera vers de nouveaux horizons. En allant rencontrer l’autre et en sondant son histoire, Alexandra-Kijâtai Veillette-Cheezo crée un modèle de communication chaleureux et humain qui se traduit dans tous les médiums auxquels iel se consacre. Malgré les incertitudes qui ont pu jalonner son parcours, iel n’a pas peur d’emprunter de nouveaux chemins et salue les leçons que sa trajectoire lui a léguées: «je me suis perdu·e pour me retrouver. [… ] Si je pouvais m’adresser à moi-même à l’âge de 18 ans, je lui dirais de prendre son temps, et de ne pas se sentir mal de ne pas suivre une voie traditionnelle.»

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