Brenda Freyle

Élevée dans un milieu où la musique résonne de partout, soit dans les quartiers animés de Barranquilla, en Colombie, Brenda Freyle a très tôt été exposée aux sonorités des mélodies africaines, un héritage qu’elle intègre encore aujourd’hui à sa démarche artistique. Après avoir obtenu une formation exhaustive en art dramatique à l’Université del Atlantico de Barranquilla, Freyle s’est produite dans diverses pièces de théâtre classiques et contemporaines et a développé un éventail époustouflant de compétences en jeu, en direction artistique et en mise en scène, parmi d’autres. Grâce à ses études et à sa passion pour son domaine, l’artiste est tout à fait dans son élément sur scène et amène à ses performances une assurance et un dynamisme électrifiant.

Plus tard, après s’être installée au Québec, le fruit du hasard l’a amenée à faire ses premiers pas professionnels en chant, encouragée par son accompagnateur et partenaire Romain Malagnoux. Après avoir déménagé de la Colombie au Canada, l’interprète a ressenti le besoin de faire découvrir au public montréalais l’atmosphère musicale de son enfance, décrivant une «envie que tout le monde connaisse [la culture colombienne], puisqu’elle est très belle. Partager toute cette énergie, ce charisme, ici». Ensemble, ils ont formé le collectif La Pirogue avec le musicien Zilien Biret et se produisent maintenant avec le bassiste Sergio Barrenechea, une formation qui leur a valu le Prix de la diversité du Conseil des arts de Montréal en 2019 et qui les a amenés, entre autres, sur les scènes du Festival Nuits d’Afrique à plusieurs reprises. La collaboration au sein du collectif s’effectue de manière très naturelle, selon Freyle: «Je pense que la création, c’est toujours un peu individuel. Une personne arrive avec une idée, un petit texte, et à partir de là on improvise, on voit ce qui peut marcher.»

Que ce soit avec La Pirogue ou en duo avec Malagnoux, Freyle s’est illustrée autant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale, prônant l’ouverture et le multiculturalisme et tirant tantôt de l’inspiration du Mali, de l’Île de la Réunion, de la Colombie ou du Mexique. De cette manière, l’actrice-musicienne demeure toujours ouverte au mélange et à la fusion de diverses influences culturelles en apprenant non seulement de ses accompagnateurs, mais également des publics qui l’accueillent. Au cours d’une tournée dans les Alliances françaises en Amérique centrale qui l’a amenée au Honduras, au Guatemala, à l’El Salvador, au Costa Rica et au Panama avec son partenaire, Freyle a tissé des liens formateurs avec ses hôtes et le public, obtenant au-delà d’une expérience professionnelle un sentiment précieux d’avoir pu bâtir une communauté grâce à l’art.

Ainsi, au cœur de la démarche de Freyle, l’échange, l’accueil et le métissage des cultures jouent un rôle important; étant elle-même trilingue, les divers héritages dont elle se nourrit créent des prestations uniques durant lesquelles s’entremêlent le chant, les percussions et même la danse, un amalgame envoûtant de talents qui s’accordent parfaitement les uns avec les autres. Par-dessus tout, l’artiste cherche aussi à partager le bagage et la passion des racines respectives de son propre pays et de ceux de ses accompagnateurs. Pour la suite des choses, Freyle et Malagnoux planifient des tournées et des spectacles partout à Montréal et ailleurs, et ils ne sont pas prêts à s’arrêter de sitôt.

Texte et entrevue: Angelina Guo

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