Artiste

Tomás Jensen

Le parcours de Tomas Jensen est rocambolesque. Né en Argentine, il cavale au Chili et au Brésil, fuyant la police militaire des dictatures sud-américaines tintinesques jusqu’en France. Encore adolescent, Tomas hérite de la guitare de sa sœur aînée. Il s’implique au sein de collectifs multidisciplinaires, touchant autant au théâtre de rue qu’à la danse moderne, tout en écrivant ses première chansons.

Après un premier disque, Tomas vient s’enraciner au Québec, où il fera la rencontre des musiciens qu’il allait enrôler pour former un groupuscule d’activistes musicaux aujourd’hui connu sous la bannière clandestine des Faux-Monnayeurs.

Un premier démo sera commis en 2000, Au pied de la lettre, avec un budget minimaliste. L’impact de ce premier colis piégé permet à cette nouvelle cellule de s’immiscer dans le paysage musical québécois. Autour du leader Jensen, ses lieutenants Martin Desranleau (batteur percutant), Philippe Brault (contrebassiste électrisant), Pierre-Emmanuel Poizat (clarinettiste éclairé) et Némo Venba (trompettiste qui sonne la charge) complotent de concerts en spectacles, répandant les prises de positions aussi denses que dansantes.

Le collectif crache en 2002 un second disque compact, Pied de nez (Zone 3), un réquisitoire polyglotte aussi engagé que jouissif qui coïncide avec leur accointance avec un nouveau gérant aussi subversif que sans scrupule, l’agent double Louis Côté.

Afin de poursuivre l’opération d’infiltration de la culture québécoise, Tomas Jensen et les Faux-Monnayeurs optent pour une stratégie de coopération tactique en s’acoquinant avec une ribambelle d’artistes caractérisés par leur intégrité, de Pierre Flynn à Pierre Lapointe (deux pierres d’un coup!), de Mara Tremblay à Marie-Jo Thério ou Louise Forestier, de Normand Guilbault à Jean Derome... Et ils iront prêcher leur manifeste sur les routes du Québec, les scènes montréalaises et les podiums de France!

Leur pertinence sera détectée par Robert Vinet, de GSI Musique, grand défenseur de la chanson, qui leur permettra enfin d’exploiter leur talent sans sacrifier leur intégrité. Ce qui nous vaut en 2004 la fabrication de leur troisième disque compact, éponyme, Tomas Jensen et les Faux-Monnayeurs, à la fois charge explosive et arme de séduction massive. Une forme de danger heureux dont la consommation abusive est fortement conseillée.

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