Artiste

Genesis Breyer P-Orridge

Véritable légende de l’avant-garde et de l’underground anglo-américain, Genesis Breyer P-Orridge signe un important corpus qui oscille constamment entre le danger et l’essentiel. Car pour P-Orridge, l’intégrité artistique doit aussi guider notre façon de vivre.

Genesis P-Orridge s’est d’abord fait connaître en 1969 avec la fondation de COUM Transmissions, un collectif de performance conflictuel et transgressif devenu le groupe culte Throbbing Gristle par la suite. Parallèlement, au début des années 1970, P-Orridge rencontre l’écrivain William S. Burroughs, lequel le présente au poète, performer et artiste Brion Gysin: c’est le début d’une collaboration majeure expérimentant le «cut up». Cette pratique Dadaïste allait influencer P-Orridge durant toute sa carrière. P-Orridge participe aussi au «Mail Art». En réaction à ses interventions épistolaires, les services postaux de la Grande Bretagne le poursuivent en 1976 pour envoie de «matériel obscène et dégradant». Genesis P-Orridge est le premier citoyen britannique condamné à l’exil depuis un siècle, d’où son départ pour les États-Unis.

En 1981, P-Orridge fonde le groupe Psychic TV. Le groupe fait paraître une première pièce, Just Drifting, une ballade pop bien loin des expérimentations électroniques et bruitistes de Throbbing Gristle. Par la suite Genesis formera aussi le groupe Thee Majesty, un projet de musique et spoken word, avec le guitariste Bryin Dall.

C’est en 1990 que P-Orridge fait la rencontre bouleversante de la performeuse Lady Jaye Breyer, figure bien connue dans le East Village à New York. Le couple expérimente la méthode du «cut up», mais cette fois, sur leurs propres corps! Ils fusionnent leurs deux identités par la chirurgie esthétique, la thérapie hormonale et le travestisme pour se ressembler autant que possible et produire un seul personnage «pandrogyne», une œuvre d’art en soi. Leur projet, ainsi que le décès de Lady Jaye en 2007, a été documenté dans le très beau documentaire The Ballad of Genesis and Lady Jaye de la réalisatrice Marie Losier. Genesis poursuit désormais seul ce projet démesuré en incarnant maintenant la totalité de Breyer P-Orridge.

Genesis Breyer P-Orridge expose partout dans le monde. Récemment, ses œuvres étaient présentées, entre autres, aux Deitch Projects, Mass MOCA, Centre Pompidou, Tate Britain, Contemporary Art Museum St. Louis, Barbican Museum, the Swiss Institute et White Columns.

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