Artiste

Photo: Simba Madzina

Ursula Rucker

Née à Philadelphie, Ursula Rucker est diplômée en journalisme de l’Université Temple. Sa carrière a débuté en 1994 quand elle a participé à une soirée open mic au célèbre club le Zanzibar Blue de Philadelphie. Aujourd hui, la poétesse à la voix sensuelle est devenue une des forces du spoken word. Elle a collaboré avec d’autres artistes innovateurs dont 4 Hero, Jamaladeen Tacuma, King Britt, The Silent Poets, Josh Wink, et Bahamadia. Elle s’est fait remarquer pour ses contributions aux trois derniers disques de The Roots, incontournables de la scène hip-hop à Philadelphie.

Mélangeant plusieurs genres musicaux tout en gardant ses racines dans le hip-hop, Ursula est l’auteure de deux disques, Supa Sista, sorti en 2001, et Silver or Lead, sorti en 2003. Son travail le plus récent démontre son évolution en tant qu artiste et sa capacité de brouiller les limites de la poésie. Les histoires captivantes qu elle a créées pour The Roots, tel le tragique «Return to Innocence Lost», sont motivées par un engagement social et une préoccupation réelle pour la collectivité. Quel que soit le contenu l’exploitation sexuelle dans «The Unlocking», la vie d’une mère monoparentale vendant du crack dans «Adventures in Wonderland» Ursula réussit a toucher l’auditeur avec son lyrisme intime et séduisant.

Ursula fait partie d’un mouvement grandissant d’artistes qui tient compte de la sensibilité féminine, surtout dans le domaine de la musique urbaine et le hip-hop. Faisant face aux artistes males qui débitent des histoires machistes avec désinvolture, Ursula joue un rôle clé dans l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes féminins qui livre des paroles incisives, intelligentes, et visionnaire d un point de vue féminin. Sensuelle et énigmatique, capable de discourir sur des sujets aussi variés que la condition de femmes, l’esclavage, l’amour, le sexisme, et la politique, Ursula Rucker renouvelle le genre du spoken word avec sa façon inimitable de décliner: elle ne chante pas, ne rappe pas, elle pose ses textes avec force et finesse. S’inspirant des femmes comme Frida Kahlo et la poétesse engagée Sonia Sanchez, elle balance la maternité (elle est mère de trois enfants), l’activisme et l’art avec assurance.

Sur son premier album, Supa Sista (!K7 Records), Ursula nous offre un patchwork délicat de hip-hop, new jazz et soul, se baladant entre les genres avec une grande aisance. La musique et les paroles fusionnent pour créer un univers où se côtoient féminisme et féminité, musique et culture noire américaine, amours perdus et enfance maltraitée. Pour ce premier disque en solo, Ursula s’est associée avec plusieurs producteurs talentueux d horizons différents. Le résultat est un album remarquable qui est à la fois divertissant, provocant, et engagé.

Dans son disque Silver or Lead, Rucker pousse l’expérience un cran plus loin. En s’entourant de la crème de l’électronique et du hip-hop, elle crée l’ambiance mystérieuse et angoissante nécessaire à la mise en abîme de ses textes. La collaboration avec Jazzanova (What a Woman Must Do) offre un témoignage grinçant sur la condition féminine, et son travail avec Li’l Louie Vega permet de percevoir une sensibilité différente, latine et gorgée de soleil. La suite de l’album est à l’image de ces deux morceaux, traitant de politique, sexisme et amour, et musicalement justes et envoûtants. Entre talk-over à la Gainsbourg et flow hip-hop, Rucker jongle avec son débit et mêle méticuleusement ses mots à la musique, créant ainsi une fusion encore plus provocante que sur Supa Sista.

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