Nouvelle

8e Festival Phénomena: une édition particulièrement foisonnante

Lundi 4 novembre 2019
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Quelle incroyable 8e édition de Phénomena qui a été à la fois un marathon et un feu d’artifice durant 21 jours. Mon équipe et moi et sommes très fiers et nous avons raison de l’être.

Il y a eu la magnifique Parade Phénoménale qui a réuni 500 personnes costumées, deux fanfares, des échassières, des marionnettes géantes, un skater et des mariées en patins à roulettes. Tout ce beau monde a défilé sur le boulevard Saint-Laurent dans le pur bonheur sous un soleil radieux et devant plus de 1000 spectateurs ébahis.

Il y a eu le spectacle Numain de Stéphane Crête, présenté à guichet fermé pour 5 représentations et une supplémentaire à La Chapelle Scènes contemporaines qui a été salué par la critique, ainsi que le spectacle Valparaíso de la compagnie Singulier Pluriel qui a connu un beau succès lors de ses 10 représentations.

Les cabarets et spectacles présentés à La Sala Rossa ont aussi remporté un vif succès. On a pu voir de l’effervescence, de la poésie, de la passion, de l’émotion, de la diversité et de l’extravagance. Nous avons accueilli un public très très nombreux avec un taux d’assistance de 94% et 4 spectacles affichant complet. Grâce à la décoration concoctée par notre collègue Lucie Bazzo et aux éclairages de Michel Fordin, La Sala Rossa a été une fois de plus magnifiée par l’Esprit de Phénomena.

Parmi nos coups de cœur mentionnons:

La soirée foisonnante au Royaume de Kekeland en hommage à Brigitte Fontaine avec une première partie théâtrale et poétique du Collectif Tôle et une deuxième partie rock and roll un brin anarchiste concoctée par Edith Michel et le Bien-Être Social Club.

Un Cabaret DADA particulièrement réussi sous la direction du Théâtre de La Pire Espèce avec deux animateurs irrésistibles et des artistes iconoclastes, drôles et attachants. Nous étions très heureux de célébrer avec eux leurs 20 ans d’existence.

Une soirée historique et inoubliable avec notre premier Cabaret de performances sourdes sous la direction artistique de Véro Leduc et Jack Volpe. Que de générosité tant du côté des 9 performeurs que des 9 interprètes qui nous ont permis d’avoir accès à la culture sourde. C’était aussi une incroyable rencontre entre un public entendant et un public sourd. Il y avait de l’effervescence dans l’air et des conversations animées en français, en anglais et en langues signées.

Une soirée électorale très divertissante en compagnie des improvisateurs et improvisatrices virtuoses du Théâtre de la LNI et d’un Christian Vanasse particulièrement en feu à l’animation. C’était un pur bonheur de voir l’actualité politique des dernières semaines et les gaffes de certains politiciens réinterprétées à la sauce LNI.

Un programme double rendant hommage au théâtre d’objets qui a permis de jumeler deux générations d’artistes. Avec La Rébellion du minuscule du Théâtre du Renard, nous en avons appris beaucoup sur la physique quantique et nous saluons la fraîcheur de cette nouvelle proposition artistique. Avec La Pensée Sauvage présenté par Le Sous-marin jaune, nous avons suivi une conversation passionnante et imagée entre le Loup bleu et Claude Lévi-Strauss. Chapeau à Antoine Laprise et son équipe pour ce spectacle charmant, drôle et brillant créé spécialement pour Phénomena.

Notre premier Cabaret DADA en anglais a aussi été particulièrement réussi entre autres grâce aux animateurs Alexis O’Hara et Stephen Lawson qui nous ont éblouis par leurs présentations et leurs costumes délirants. Nous avons eu droit à des performances DADA éclatées, conceptuelles, politiques et parfois tout simplement… belles et poétiques.

La soirée réunissant Joséphine Bacon et le chanteur Matiu était très attendue et on peut dire que la rencontre a eu lieu. Il fallait voir la belle Joséphine, si digne et souriante, nous livrer ses textes avec une force tranquille qui a ému une bonne partie des spectateurs, tout comme elle nous a fait bien rigoler avec ses histoires. Matiu, véritable bête de scène avec une franchise et un naturel désarmant, a lui aussi conquis le public qui s’est spontanément levé pour chanter et danser avec lui. Une soirée dense, honnête, vibrante, une véritable rencontre entre des artistes authentiques et le public.

Nous étions très curieux de découvrir les artistes de notre premier Cabaret drag et burlesque alternatif et les spectateurs en ont eu plein la vue. Les artistes ont présenté des numéros colorés, extravagants, parfois dérangeants, qui chamboulaient les stéréotypes et les idées reçues sur les soirées drags et burlesques. Une belle complicité entre différentes générations et une grande générosité de la part des performeurs. Chapeau à Rosie Bourgeoisie et Ilana Shecter à la codirection artistique.

Finalement, mentionnons la performance laboratoire du duo Jacqueline Van de Geer et Michael Martini qui nous ont présenté avec humour et ludisme différentes morts théâtrales. Nous avons aussi poursuivi notre charmante exposition des cadres lumineux créés par Lucie Bazzo dans les vitrines d’une vingtaine de commerces du Mile End avec en prime 3 visites guidées organisées par Mémoire du Mile End.

Et comment on se sent après une aussi belle édition du Festival? Fière, heureuse et surtout reconnaissante. Reconnaissante aux différents conseils des arts qui nous soutiennent, reconnaissante à mon conseil d’administration qui appuie ma vision artistique, reconnaissante aux artistes qui ont travaillé très fort pour présenter des créations de qualité, reconnaissante à nos collaborateurs et collaboratrices Luc Beauchemin (graphisme), Caroline Hayeur (photo et vidéo), Tomi Grgicevic (vidéo), Patsy Van Roost (Fée inspirante), Lucie Bazzo (scénographie) et Michel Fordin (éclairages), reconnaissante à nos différents partenaires qui nous aident à aller plus loin et à faire mieux, reconnaissante à nos supers bénévoles, très reconnaissante bien sûr à mes deux collègues de travail Charlie Julien et Cleo da Fonseca, et infiniment reconnaissante au public qui est venu voir le résultat de tous ces efforts.

Et maintenant? On continue à travailler sur nos autres projets, car Les Filles électriques c’est aussi une compagnie de création. Prochaine étape: notre spectacle Comment j’ai appris à parler aux oiseaux présenté le 16 novembre à la Maison de la culture Janine-Sutto et le 23 novembre au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce dans le cadre du Conseil des arts de Montréal en tournée.

Votre toujours aussi électrique
D. Kimm
Directrice générale et artistique
Les Filles électriques / Festival Phénomena

Merci à nos partenaires et subventionneurs: Conseil des arts du Canada, Conseil des arts de Montréal, Conseil des arts et des lettres du Québec, Patrimoine Canadien, Ville de Montréal, la Fondation des Sourds du Québec, SIVET et Bell.