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Spectacles de 20h30

Le Festival Voix d’Amériques (FVA) continue de prendre des risques et d’oser avec des artistes aux voix fortes et des spectacles qui sortent des sentiers battus! Huit grands spectacles sont au programme et les fidèles du FVA seront heureux de retrouver nos grands classiques, tels le Combat contre la langue de bois et le Body and Soul.

1 février

20h30

John Giorno solo

En anglais. John Giorno est une figure majeure de la poésie performée. Sa carrière s’étend sur plus de cinquante ans. Il a contribué à faire du spoken word un art qui a ses exigences, qui demande une implication et une recherche du ton juste, de la manière. On ne l’avait pas vu à Montréal depuis 1996. Âgé de 72 ans, mais toujours aussi passionné, il nous livre ses textes dans l’intimité de La Sala Rossa. Bien entendu, à cet âge une certaine sérénité est venue se substituer à la fougue d’autrefois. Mais la même énergie est là, convaincante, à laquelle se mêlent maintenant l’humour et la tendresse.

Écouter (voir) Giorno interpréter ses textes en public prend parfois des allures de rencontre physique. Nous lui avons donc proposé de travailler avec un musicien tout aussi physique, le violoniste Malcolm Goldstein, qui pratique l’improvisation depuis une quarantaine d’année. Malcolm Goldstein entretient une relation très particulière avec son violon qu’il explore en tant que prolongement du corps, travaillant sur la texture et la vibration du son.

Mais ce n’est pas tout! Comme le FVA cherche toujours à offrir au public la petite touche spéciale, nous avons demandé à l’auteur-compositeur-interprète Thomas Hellman de mettre en chanson des textes de John Giorno. Comme Thomas a toujours eu un pied aux États-Unis et un pied en France, mais le cœur à Montréal, il était certainement le mieux placé pour ce blind date avec John Giorno. Il sera accompagné de son fidèle complice Olaf Gundel.

2 février

20h30

John Giorno, meet Montréal

En français. Le FVA profites du passage de John Giorno à Montréal pour lui faire rencontrer et entendre quelques-uns de nos plus grands poètes francophones. Et c’est aussi une occasion de réitérer un parti pris pour ces intenses soirées où les poètes mêlent leurs textes et leurs voix — ainsi que leurs silences, leurs hésitations, leurs peurs ou leurs impudeurs — avec la musique. Le FVA est particulièrement heureux d’accueillir des poètes à l’écriture singulière, honorés à plusieurs reprises de prix et de distinctions, mais surtout des poètes qui n’ont pas peur de la scène puisqu’ils l’apprivoisent depuis plusieurs années: Louise Dupré, Élise Turcotte, François Charron, Jean-Marc Desgent, Jean-Paul Daoust et Geneviève Letarte.

Bien entendu, pour que la rencontre ait lieu, il faut des musiciens à l’écoute, des musiciens qui ont compris depuis longtemps qu’il ne s’agit pas tant d’illustrer les mots mais plutôt de se connecter à l’énergie, au rythme, au souffle du poète. Avec Bernard Falaise, Michel F Côté et Fred Boudreault, habitués du FVA, nul ne serait mieux servi. La soirée sera animée par le poète zen José Acquelin. John Giorno lira également quelques textes qui seront aussi interprétés en français par les poètes montréalais. Un spectacle à ne pas manquer, pour les amateurs comme pour les néophytes!

3 février

20h30

John Giorno, meet Canada

En anglais. John Giorno rencontre quelques-uns des piliers du spoken word canadien. Et il faut s’attendre à un voyage mouvementé avec: la poète et performeuse Sheri-D Wilson (Calgary), le chanteur et musicien Mark Berube (un peu à Vancouver, mais maintenant beaucoup à Montréal), la conteuse Ivan Coyote (un peu à Vancouver, souvent en tournée, mais toujours le cœur dans son Yukon natal), la poète Erin Mouré (née à Calgary mais installée à Montréal), la conteuse et performeuse Catherine Kidd (originaire de Vancouver mais installée à Montréal), la performeuse et chanteuse de gorge Taqralik Partridge (née au Nunavik mais installée à Montréal), et la toute jeune Valerie Khayat, poète et chanteuse, typique de cette jeune génération de montréalais bilingues et multi… tout (mère d’origine italienne, père d’origine libanaise). Une soirée originale, bizarre et éclectique… à l’image de ce pays.

La soirée sera animée par Fortner Anderson, premier récipiendaire du prix La Voix Électrique / The Electric Voice, décerné par Les Filles électriques et Wired on Words. Notre invité d’honneur John Giorno performera ses textes avec la fougue qu’on lui connaît. Encore une fois, des musiciens de haut calibre faciliteront ce voyage «coast to coast… to coast (le Nord!)». Nous serons en jet avec Bernard Falaise, Diane Labrosse et Malcolm Goldstein.

Le spectacle sera enregistré par CBC Radio One, production Katherine Gombay.

4 février

20h30

La Salle des pas perdus

Avec les performeurs: Fortner Anderson, Alexis O’Hara, D. Kimm, Michel Vézina

La danseuse Luciane Pinto

Les musiciens: Bernard Falaise, Michel F Côté

Projections de Brigitte Henry

17,00$

Bilingue. Exceptionnellement à Ex-Centris

À la demande générale, le FVA propose une reprise de ce spectacle présenté à Berlin en juin 2007 dans le cadre du Poesie Berlin Festival. Contrairement à une soirée de poésie où les artistes défilent un à un, les performeurs sont continuellement présents sur scène, ce qui les oblige à assumer leur «corps en représentation», mais crée aussi une véritable complicité. On parle tout de même d’habitués du texte porté sur scène. Alexis O’Hara est une véritable star de la performance, elle est de tous les cabarets bizarres, de toutes les expériences étranges. Michel Vézina est écrivain, éditeur et chroniqueur, mais il a aussi été un artiste de cirque durant plusieurs années. Fortner Anderson assume de plus en plus son intensité sur scène et augmente le risque dans ce spectacle. Et D. Kimm continue de marcher sur la corde raide de la fragilité.

Ces artistes de la parole ont trouvé des complices extraordinaires qui ont permis d’explorer de nouveaux territoires. La merveilleuse danseuse d’origine brésilienne Luciane Pinto vient nous montrer que le corps parle, et les musiciens inventifs et attentifs Bernard Falaise et Michel F Côté se transforment en tremplin ou en filet pour les performeurs qui se lancent dans le vide. À cela s’ajoutent les projections poétiques de Brigitte Henry, les éclairages subtils de Claude Cournoyer et le son impeccable de Bernard Grenon.

Ce spectacle inclassable sera présenté dans la salle Cassavetes de l’Ex-Centris. On découvrira que derrière l’écran se cache une scène magnifique.

Une coproduction Les Filles électriques et Ex-Centris — Série Boulevard Saint-Laurent

5 février

20h30

Body and Soul 5

Bilingue. Les Filles électriques aiment les filles qui en font trop, celles qui débordent, celles qui prennent de la place. Et notre directrice artistique s’interroge depuis plusieurs années sur la difficulté pour une femme d’occuper physiquement la scène: pourquoi une fille est-elle toujours jugée sur son physique, surtout lorsqu’elle ose prendre la scène, soit elle est trop grosse ou trop maigre, soit elle bouge trop ou pas assez, soit elle est trop sexy… ou pas assez. À chaque année dans le spectacle Body and Soul, qui en est à sa 5e édition, elle propose des filles qui ont une présence physique forte, des filles qui s’assument, des filles hot. Et cette année, c’est encore plus spécial.

En première partie, deux Montréalaises. Giselle Numba One, la chanteuse des Hot Springs est tellement hot qu’on l’invite pour une deuxième année. Des pédales d’effets, du glockenspiel, de la flûte, du mélodica, des rythmes aléatoires, du kalimba… se sert de tout ce qu’elle a sous la main! Voici un nouveau genre de hip-hop ésotérique. Et Donzelle, une rappeuse impertinente qui susurre des malpropretés, viendra nous faire groover avec ses danseuses «Janet Jackson-esques». Par ailleurs, cette femme sensuelle d’origine portugaise pratique parfois le luso dans ses raps.

Ensuite Body and Soul accueille la musicienne et chanteuse américaine Baby Dee et son band. C’est une ex-artiste de cirque qui joue de la harpe, une étrange transgenre qui s’assume. Née à Cleveland, Baby Dee apprend le piano dès l’enfance, et à dix-neuf ans acquiert sa première harpe, gagnant sa vie dans les parcs et les freak show, déguisée en ours, montée sur un tricycle ou jouant de la harpe. Elle a un physique imposant et chante des ballades folk aux accents brechtiens, parfois romantiques, parfois burlesques. Elle a collaboré avec Antony (& the Johnsons) et Marc Almond, elle a tourné partout dans le monde, mais elle est venue une fois seulement à Montréal presque en cachette. Il ne faut pas manquer ça.

6 février

20h30

Jérôme Minière: la vérité sur les arbres

Jérôme Minière avec la complicité du musicien Guido Del Fabbro

Projections et visuel Dan Popa et Marie-Pierre Normand

15,00$

En français. Jérôme Minière est un bidouilleur de sons intelligent et sensible. Il est aussi une drôle de bibitte qu’on qualifierait presque de «représentant officiel de la timidité». Nous l’aimons beaucoup et nous lui avons proposé une carte blanche. Il a décidé de s’offrir une soirée hors des sentiers balisés de la pop, une incursion sur d’autres voies — ou d’autres voix? Au programme, des contes, de la parole, des récits, de l’action, des sons, et tout de même quelques chansons. Sur ce chemin en zigzag, Minière aura quelques compagnons: Guido del Fabbro pour les sons et les chansons, Dan Popa et Marie-Pierre Normand pour l’action, la vision et la décoration. Et en prime, il nous dira sans doute la vérité sur les arbres!

7 février

20h30

Combat contre la langue de bois, quatrième round

Animé par Jacques Bertrand

Avec: Brigitte Haentjens (metteure en scène), René-Daniel Dubois (dramaturge), Jean-Marc Massie (conteur), Geneviève Rochette (actrice), Marie-Louise Arsenault (journaliste), Serge Bouchard (anthropologue), Louis Champagne (acteur), Évelyne de la Chenelière (dramaturge), Queen KA (slameuse), Mado Lamotte (reine du kitsh)

Interventions musicales et mise à mort des discours trop longs: Fred Fortin, Olivier Langevin, Robbie Kuster

17,00$

En français. Six minutes. Pas de droit de réplique. Ils viennent vider leur sac. Le Combat contre la langue de bois, qui, à chaque année, nous oblige à repousser les limites physiques de La Sala Rossa de quelques mètres pour accueillir le public, revient cette année. C’est même devenu un véritable rendez-vous du FVA. Jacques Bertrand, le grand manitou de Macadam Tribu, animera à nouveau cette soirée destinée à ceux qui n’en peuvent plus d’entendre sur les tribunes publiques les vieilles cassettes rejouant les mêmes paroles vides.

Ils feront mordre la poussière à cette maudite langue de bois: Brigitte Haentjens (metteure en scène engagée et passionnée), René-Daniel Dubois (dramaturge connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche), Jean-Marc Massie (conteur volubile qu’on aura à l’œil avec le chronomètre), Geneviève Rochette (comédienne et humoriste à la langue bien pendue), Marie-Louise Arsenault (journaliste qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots), Serge Bouchard (le plus bizarre des anthropologues), Louis Champagne (comédien et homme-de-taverne-capable-de-parler), Evelyne de la Chenelière (dramaturge et fine observatrice du genre humain), Queen KA (jeune slameuse qui a du mordant), Mado Lamotte (reine du kitsh et langue de vipère).

Afin d’éviter de mettre le public KO, nos arbitres musicaux, Fred Fortin, Olivier Langevin et Robbie Kuster feront taire ceux qui s’étireront un peu trop au-delà du temps alloué! Et l’animateur Jacques Bertrand? Toujours aussi flegmatique et sarcastique, mais de plus en plus musclé.

8 février

20h30

Cabaret DADA — Spectacle de clôture

Bilingue et langues inventées. Entre 1916 et 1925, les dadaïstes voulaient remettre en cause les conventions et les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Comme nous. Ils rejetaient les convenances, la raison et la logique. Comme nous. Ils aimaient l’extravagance et la liberté de création. Comme nous. Et surtout, ils cherchaient cette liberté particulièrement dans le langage, qu’ils aimaient lyrique et hétéroclite. Comme nous!!!

Notre soirée de clôture prend la forme d’un Cabaret DADA digne de nos précurseurs dadaïstes. En effet, cette édition du FVA mise particulièrement sur le sens de l’histoire. Nous avons commencé avec John Giorno, qui pratique la poésie performée depuis 50 ans. Nous terminons en rendant hommage à nos pairs, pères et mères de la performance par un cabaret dans la plus pure tradition DADA. Nous avons convoqué les artistes les plus fous de Montréal, on leur a dit que tout était possible, du texte aux costumes. Et nous avons réuni une distribution complètement délirante, — pour ne pas dire hystérique queer insolente démesurée, improbable. À bas la raison et vive l’extravagance! De plus, pris d’un instant de folie typiquement dadaïste, nous avons maintenu le prix du billet à 15 $ seulement pour cette soirée follement historique.

Avec 2boys.tv, Nathalie Claude, Stéphane Crête, Pascal Angelo Fioramore, Miriam Ginestier, Marcelle Hudon, Dayna McLeod, Carole Nadeau, Dominique Pétrin, Alexandre St-Onge, Simon Brown. La soirée sera animée par la toujours surprenante Alexis O’Hara. Et nous avons recruté la plus jolie et la plus grande cigarette girl au monde: Lucas Jolly. Il y aura aussi projection des vidéos noir et blanc muets queer (!) de Miriam Ginestier mettant en vedette l’aventureuse Fannie Nipplebottom et des vidéos tendance dada de Mike Stecky.