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Troc de mot

Par diverses interventions dans l’espace public, Marie-Claude De Souza récolte des mots: elle provoque des rencontres impromptues pour nourrir son écriture et cherche à intégrer le public à la création littéraire. Elle conçoit des performances favorisant l’interaction avec le citoyen et recueille ainsi la matière nécessaire qui alimentera ses nouveaux écrits. Pour le FVA, elle revêt l’allure d’une vendeuse ambulante afin de troquer ses mots contre les vôtres. Venez volubiles, venez discrets, venez observer ou échanger… L’artiste repartira la tête pleine de vos mots pour s’éclater sur papier et livrer un texte inédit, inspiré de ses rencontres festivalesques.

Au FVA les 11 et 12 mars.

Troc de mot

Photo: Nicolas Brazeau

Une centaine de personnes se sont livrées au jeu du «troc de mots», c’est-à-dire qu’elles ont choisi un mot parmi une panoplie qui leur était proposée.

Ensuite, ils ont aimablement accepté de me dire ce qu’il évoquait pour eux. Pour alimenter ma création, je me suis inspirée des discussions de la soirée et de certaines interactions en particulier. Vous trouverez plus bas un poème né de ces échanges.

Après avoir choisi le mot utopie, on m’a dit: «C’est un mot lourd de sens. Pour moi, c’est une contre-valeur, pas parce que c’est pas beau, ça peut être inspirant à l’occasion. Je pense que, dans la société dans laquelle on vit, on a tendance à vouloir créer un monde parfait. Je préfère être un peu plus terre-à-terre.»

Les imperfections connaissent leur beauté et les utopies se réinventent en leur reflet

Après avoir choisi le mot paradoxe, on m’a dit: «En ce moment, je pense à moi. Je navigue. Je ne suis pas ce que je devrais être et je ne devrais pas être ce que je suis.»

L’âme sur l’autre rive déjà

Après avoir choisi le mot totem, on m’a dit: «Peut-être devrais-je me trouver un nom de totem?»

Cherche une demeure à son mystère

Après avoir choisi le mot soif, on m’a dit: «Soif pour la soif de vivre. J’ai un ami qui est atteint d’un cancer et il a cette soif de vivre. Il est dans la quarantaine, moi, j’en ai soixante… Je pense à lui.»

La soif peinte sur la voûte

Après avoir choisi le mot horizon, on m’a dit: «Pour un auteur, l’écriture c’est l’horizon… la ligne d’horizon qui porte la réflexion.»

Sait l’horizon rouge sait l’horizon bleu

Après avoir choisi le mot interjection, on m’a dit: «J’ai fait mon choix en l’honneur de Bosse-de-Nage, mon personnage favori, tiré du livre Gestes et opinons du docteur Faustroll, pataphysicien, écrit par Alfred Jarry. Il s’exprime uniquement avec l’expression "Ha ha" sous toutes ses intonations.»

Nuances du sang nuances des larmes servies en réponse à nos questions

Le texte enchaîné:

Les imperfections connaissent leur beauté et les utopies se réinventent en leur reflet
L’âme sur l’autre rive déjà
Cherche une demeure à son mystère

La soif peinte sur la voûte
Sait l’horizon rouge sait l’horizon bleu
Nuances du sang nuances des larmes servies en réponse à nos questions

11 mars

19h00 à 20h00

Troc de mot

Pour le FVA, Marie-Claude De Souza revêt l’allure d’une vendeuse ambulante afin de troquer ses mots contre les vôtres. Venez volubiles, venez discrets, venez observer ou échanger… L’artiste repartira la tête pleine de vos mots pour s’éclater sur papier et livrer un texte inédit, inspiré de ses rencontres festivalesques.

Au FVA les 11 et 12 mars. Parution de la création ici en exclusivité le 14 mars.

12 mars

19h00 à 20h00

Troc de mot

Pour le FVA, Marie-Claude De Souza revêt l’allure d’une vendeuse ambulante afin de troquer ses mots contre les vôtres. Venez volubiles, venez discrets, venez observer ou échanger… L’artiste repartira la tête pleine de vos mots pour s’éclater sur papier et livrer un texte inédit, inspiré de ses rencontres festivalesques.

Au FVA les 11 et 12 mars. Parution de la création ici en exclusivité le 14 mars.