Mot de D. Kimm

Nous vivons chacun à notre manière et du mieux qu’on peut cette période troublante, inquiétante, inconcevable et dérangeante.

Du côté des Filles électriques, les pertes financières n’ont pas encore été dramatiques car nos subventions étaient assurées par les différents conseils des arts et nous les remercions. Par contre, nous étions terriblement inquiets pour tous les collègues, artistes, compagnies, festivals, techniciens, concepteurs qui ont écopé durement. Et ça nous a brisé le cœur de penser à toutes ces productions, créations, projets, tournées, rêves qui n’auront peut-être jamais la chance d’exister. Il y a quelque chose de perdu à tout jamais qui ne reviendra pas. Il y a des deuils à faire.

Nous avions donc la responsabilité de réaliser cette 9e édition du Festival Phénomena de manière inventive, solidaire et généreuse, mais compte tenu de la pandémie, il n’était certes pas une bonne idée de présenter nos habituels cabarets festifs dans la petite Sala Rossa devant un public collé collé! Il a donc fallu changer complètement les paradigmes et nous tourner vers le numérique. Le défi étant de proposer quelque chose de pertinent aux artistes et au public, tout en maintenant l’intégrité et la qualité artistique du Festival.

Je dois avouer que j’étais fort critique face à cette pression faite sur le milieu culturel pour se «réinventer rapidement avec les outils numériques». Phénomena n’a pas attendu la pandémie pour se réinventer chaque année et explorer de nouvelles avenues. De plus, la création numérique est un médium en soi et les artistes de la famille phénoménale sont essentiellement des artistes de la performance et des arts vivants qui ne sont pas nécessairement familiers avec les outils numériques.

Nous nous sommes donc retroussé les manches pour transformer les contraintes de la crise en opportunité pour aider les artistes à expérimenter et élargir leur rayonnement. En effet, les artistes habituellement présentés au Festival sont des artistes interdisciplinaires, atypiques et alternatifs, dont on voit peu les productions sur le Web. Ce sera également une occasion pour le public hors Montréal de découvrir des artistes et un festival hors-norme, extravagants et exubérants.

Bon Festival, bon visionnement, bonne découverte et n’oubliez pas de… vous savez quoi!

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